"La culture et l'éducation ne sont pas simplement des passe-temps ou des influences mineures.

Pierre Bourdieu

La presse éducative britannique écrit beaucoup sur l'importance du capital culturel et sur le montant que les élèves devraient accumuler au cours de leur scolarité. Au Royaume-Uni, ce sujet est lié au cadre d'inspection et de nombreux commentateurs le considèrent comme un moyen pour les écoles des zones aisées de jouer avec le système d'inspection (et la vie en général) aux dépens de ceux qui ne jouissent pas d'une existence aussi confortable. Pour dire les choses crûment, le capital culturel, c'est ce que l'on sait et ce que l'on vit. Une fois acquises (nous disent les sociologues), ces connaissances et cette expérience vous donnent un avantage. Vous parlez le même langage que ceux qui sont "au courant", vous vous référez aux mêmes expériences et, ce faisant, vous excluez ceux qui ne le sont pas ou ne l'ont pas été. Cela prend une importance accrue lorsque l'on considère la mobilité sociale. Il n'est donc pas surprenant qu'il s'agisse, après les élections, d'un sujet brûlant au Royaume-Uni. En France, nous n'avons pas à nous engager dans de tels débats éducatifs, mais je pense que nous devrions réfléchir à cette idée en tant qu'école et à ce que nous pourrions en faire.

Si beaucoup de nos élèves de 13e année partent au Royaume-Uni pour l'université, ce n'est pas le cas de tous. Lorsqu'ils entreront dans le monde du travail, beaucoup auront vécu dans un certain nombre d'endroits différents et auront développé une perspective plus large sur le monde que ceux qui sont restés enracinés dans un seul pays d'origine. Le fait d'avoir vécu ailleurs peut intéresser un futur employeur. Cela peut leur donner accès à des cours ou à des carrières qui ne seraient pas accessibles à quelqu'un qui n'a pas reçu une éducation internationale. Cet avantage découle simplement du fait que nous sommes une famille mobile sur le plan international, ce n'est pas quelque chose que nous utilisons consciemment pour distinguer nos élèves, c'est simplement un fait de ce que nous sommes. Notre communauté est riche sur le plan international : plus de 50 nations sont représentées à l'école. Les leçons que nos jeunes apprennent sur la compréhension, la tolérance et la diversité sont, à mon avis, le type de capital social ou culturel dans lequel toutes les écoles devraient investir. Je ne crois pas que nous utilisions notre existence privilégiée pour exclure qui que ce soit, loin de là.

Nous avons la chance de pouvoir offrir des expériences d'apprentissage qui sont enrichissantes à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la salle de classe. Nous vivons à la périphérie ou dans une ville extraordinaire sur le plan culturel et artistique. Nous serions stupides de nous priver de l'accès à l'offre de Paris simplement parce que cela pourrait nous faire passer pour des privilégiés culturels. J'irais même jusqu'à encourager les familles à profiter au maximum de leur présence ici, à visiter l'opéra, le ballet, les galeries, les musées, les théâtres ou les sites d'intérêt, car il serait dommage de passer à côté. Il n'y a pas d'excuse pour manquer une telle occasion. Ces opportunités ne doivent pas être utilisées pour exclure les autres, je crois qu'elles permettent simplement à nos jeunes de grandir en tant qu'individus qui finiront par faire le bien dans leur propre communauté. Alors, si vous restez en vacances ce semestre, pourquoi ne pas tirer le meilleur parti de Paris et construire ce capital culturel disponible ?

Nicholas Hammond

Directeur de l'école

www.britishschool.fr